LES CONCERTS DE PAN – Présentation du projet

by Alexis Kossenko

All photos © Alexis Kossenko, Philippe Kossenko and Colin Laurent

En 2019, Alexis Kossenko posa la première pierre d’un projet ambitieux visant à enregistrer de très vastes pans du répertoire pour flûte solo. 

Ces enregistrements poursuivent un but à la fois musical, encyclopédique, historique, organologique et éducatif. Ils dépassent la dimension du simple concert pour mettre l’œuvre en perspective avec un instrument de son temps ; la vidéo permet non seulement d’entendre mais aussi de voir l’instrument, et l’interprétation proprement dite est suivie d’une présentation de la flûte utilisée, émaillée d’éléments techniques, esthétiques et historiques.

Il s’associe alors au réalisateur Colin Laurent pour filmer, par sessions de 25 épisodes, les différentes œuvres, en choisissant des lieux atypiques pour varier l’environnement visuel et l’inspiration.

Aujourd’hui 53 épisodes ont été tournés, et 39 d’entre eux sont déjà disponibles en ligne.

GENESE ET PHILOSOPHIE DU PROJET 

Les Concerts de Pan trouvèrent leur origine dans mes réflexions et recherches sur le répertoire pour flûte seule, enrichies de mes connaissances de l’histoire de la flûte. 

Bien souvent, je me suis produit en récital avec de nombreux instruments, proposant un parcours à travers l’Histoire de la flûte, de la Renaissance à nos jours, en changeant d’instrument au fil des œuvres pour en faire apprécier l’évolution technique et stylistique. Les réactions du public ont toujours été passionnantes, car beaucoup découvraient la richesse de la facture instrumentale au fil des siècles, les modifications du timbre comme de la construction, l’influence de la perce, de la mécanique, du matériau. Cela est aussi une source de réflexion philosophique, car on s’aperçoit qu’évolution n’est pas synonyme de progrès : le nombre de personnes qui se déclarèrent plus séduites par la flûte Renaissance que par la flûte moderne, pourtant si brillante et virtuose, me surprit ; il était clair que le charme de la simplicité et la beauté du son avait été sacrifié sur l’autel du progrès technique – un choix délibéré parfois, qui va de pair avec le glissement d’esthétique. Mais, dans tous les cas, chaque œuvre prend sens avec l’instrument pour laquelle elle fut pensée.

Et surtout : cela me permet d’apporter une personnalité propre à chaque œuvre, en renouvelant à l’infini (ou presque) les couleurs que je souhaite lui associer – et qui sont justifiées sur un plan historique. 

Mon expérience de flûtiste est un peu singulière, puisque je n’ai pas voulu limiter mon répertoire lorsque j’ai abordé les flûtes anciennes : il m’était impossible de renier mon instrument « maternel », mes années d’études auprès de mon cher professeur Alain Marion, et tourner le dos à un répertoire que j’adore. Aussi ai-je décidé, un peu follement, de mener de front le travail sur flûte moderne et sur flûte historique. Cela m’a permis de vivre des expériences très riches et variées, comme en témoigne aujourd’hui ma discographie. 

C’est dans cette optique que j’ai désiré entreprendre un enregistrement systématique de notre répertoire solo. Un tel projet avait déjà été entrepris par ma collègue (et ancienne camarade d’études) Sharon Bezaly, dans ses disques intitulés de A à Z. Une dimension supplémentaire consistait donc à utiliser les instruments d’époque pour conférer une couleur unique à chaque œuvre interprétée.

VIDEO ET GRATUITÉ

Un point de considération concerna le mode d’enregistrement. Graver toutes ces œuvres au disque était-il un projet viable et réaliste ? Après une longue réflexion, il m’apparut que dans le contexte économique du disque, un tel projet ne représentait que peu d’intérêt. Au-delà des chefs-d’œuvre reconnus (fantaisies de Telemann, sonates de Bach père et fils, Syrinx de Debussy), quelles œuvres pour flûte solo pourraient susciter assez d’intérêt du public pour être vendues à plus de quelques exemplaires ? Il y a bien quelques pièces restées dans l’ombre qui méritent de retrouver les honneurs ; mais je suis aussi bien conscient qu’un grand nombre ne présente qu’un intérêt secondaire – ce qui ne veut pas dire qu’il faut les oublier ! Je reste convaincu que ces oeuvres peuvent présenter un intérêt musical et historique dès lors qu’elles s’inscrivent dans un projet global, une Histoire de la Flûte, où elles ont un rôle à jouer. 

Dans l’économie du disque aujourd’hui, les frais d’enregistrement et de productions sont portés par l’artiste ; la visibilité est réduite, fortement dépendante des frais de publicité engagés ; la vie du disque de plus en plus éphémère. Partant de ce constat, quitte à investir, j’ai donc décidé d’opter pour un accès gratuit, de manière à inciter tous les passionnés à venir librement découvrir les enregistrements, qu’il s’agisse de « tubes » ou de raretés, et à toucher plus de monde.

Le choix de la vidéo a suivi très naturellement : non seulement pour se rapprocher du plaisir du concert, mais aussi pour pouvoir visualiser la flûte utilisée, flûte parfois inattendue, surprenante, mais souvent très esthétique!

UN PROJET DIDACTIQUE

Le projet prit sa forme finale lorsque je réalisais l’intérêt didactique de ce format : faire découvrir aux flûtistes un pan de répertoire peu connu, et surtout leur révéler les mille formes prises par la flûte au fil des siècles. 

Ainsi, chaque vidéo se conclut par un petit épisode explicatif, où je présente la flûte utilisée : c’est l’occasion de revenir sur sa technique de fabrication, sur la vie et la place du facteur qui la conçut, sur les interprètes qui la jouèrent. Des gros plans permettent de l’admirer de plus près ; des images d’archives apportent un complément d’informations.

J’ai parfois plaisir à inviter des intervenants extérieurs, facteurs d’instruments lorsque celui-ci n’est pas trop ancien, ou collectionneurs ; ainsi mon cher ami Bernard Duplaix, spécialiste des flûtes de Louis Lot, qui vous raconte de sa voix captivante l’histoire de chacune de ses flûtes et le parcours qu’elle eut.

LE RÉPERTOIRE

De longues recherches, des centaines d’heures passées à explorer les catalogues, les biographies, les sites de bibliothèque, m’ont permis d’enrichir ma connaissance du répertoire.

Nous connaissons tous, bien entendu, les incontournables que sont les œuvres de Bach, Telemann, Debussy, Berio. Au-delà de ces chefs-d’œuvre, j’ai à cœur de m’intéresser à ces innombrables pièces qui dorment encore dans les « collections » et qui ne reprennent que rarement vie, et si peu dans les salles de concert. Certaines sont de petits bijoux, d’autres sont plus consensuelles, légères, mais s’écoutent cependant avec plaisir lorsqu’elles sont interprétées avec goût, finesse, passion, panache.

J’ai mes recueils de prédilection : connaissez-vous les Délassements du flûtiste d’Eugène Walckiers ? voilà une collection bigarrée qui révèle toute la fantaisie de son auteur, avec un sens de l’humour et du pittoresque irrésistibles – mais aussi beaucoup de délicatesse et de poésie. Vous y trouverez un extravagant rondo auvergnat où la flûte imite la cornemuse et les aboiements des chiens, une marche militaire parodique, une suite de valses suaves et enflammées, des variations pétillantes sur Au clair de la lune (chanson populaire française), un rondeau aux accents bavarois, un galop à faire rougir Offenbach, etc… 

Je considère aussi les études de Joachim Andersen comme de véritables petits bijoux ; souvent une idée technique de départ donne lieu à des développements mélodiques et harmoniques exquis. Je suis encore songeur quand je pense qu’Andersen ne joua jamais la flûte Boehm : ses études dans des tons complexes demandent énormément de travail sur une flûte à 13 clés de Meyer !

Autre passion : les Scottish Tunes qui furent un vrai phénomène de mode au début du XVIIIème siècle, et dont on trouve une incroyable anthologie (avec de multiples variations) dans le Caledonian Pocket Companion de James Oswald

Et puis, les Etudes tanguistiques de Piazzola (ou Tango-Etudes) tiennent une place spéciale dans mon cœur – l’expression ultime de la sensualité, le rythme effréné et torride ; cela entraine la flûte dans des régions extrêmes de son vocabulaire… c’est enivrant. 

Plus tôt, nous avons aussi le recueil de Van Eyck intitulé « Der Fluyten Lust-Hof » (Le Jardin des délices) qui regroupes des variations sur des thèmes en vogue au début du XVIIème siècle : là je peux choisir de l’aborder avec les flûtes à bec de toutes tailles, mais aussi sur des flûtes traversières ténor ou alto – la flûte dite « renaissance » était toujours très populaire aux Pays vers 1640, comme on peut le voir sur une très grande quantité de tableaux flamands du XVIIème siècle.

On peut encore citer les Chants de Nectaire, immense collection de Charles Koechlin pleine de poésie, dans laquelle on peut piocher sans se lasser.

Il y a, ensuite, une énorme mine de répertoire au XIXème siècle, qui souffre beaucoup d’un mépris de principe liant ce répertoire à la virtuosité gratuite. Il est vrai que les flûtistes tendirent le bâton pour se faire battre en écrivant à tour de bras « leurs variations brillantes », « fantaisies » ou « grands solos » sur mesure pour leur instrument et leur technique, avec des catalogues atteignant parfois plusieurs centaines d’opus… cela ne conduit guère la postérité à leur ouvrir les portes de la « grande musique ». Mais à une époque riche en innovations techniques, de telles œuvres sont passionnantes, car elles reflètent le goût d’une époque, en même temps que que le développement industriel et esthétique ; c’est là que le travail sur les instruments historiques devient passionnant, car il apporte une grande légitimité à toute une catégorie d’œuvres.

Au fur et à mesure que l’on se rapproche de l’ère moderne, les œuvres ne se livrent plus par « fournées », mais deviennent uniques, l’objet de soins particuliers. De la sonate appassionata de Karg-Elert aux préludes de Muczynski, en passant par les petits bijoux français impressionnistes et postimpressionnistes (Ibert, Ferroud, Rivier, Jolivet, etc…) le XXème siècle est particulièrement riche. Je ne néglige pas bien sûr le répertoire « contemporain », même s’il me demande plus de travail !

Tout comme j’ai gravé chaque fantaisie de Telemann isolément, j’ai choisi de « démanteler » la partita de Bach et enregistrer les mouvements séparément, chacun avec une flûte représentative de ce moment très particulier où la flûte traversière commence tout juste à s’imposer en Allemagne – eh oui ! lorsque Bach écrit cette pièce, ainsi que le 5ème concerto brandebourgeois, la traversière est pour lui un instrument tout nouveau, arrivé de France… 

Parfois je m’autorise des expériences plus singulières, comme de jouer la sarabande avec une flûte équipée d’un pied de do (oui, elles existaient vers 1720 !), osant alors des reprises ornées (ou « double ») mettant en valeur le do grave ; ou de jouer un solo de Blavet sur un piccolo baroque, car c’est l’époque où « la petite flûte à l’octave » commençait à devenir très appréciée en France, colorant fréquemment les opéras de Rameau et ses contemporains. 

LES INSTRUMENTS

Un tel projet exige d’être une sorte flûtiste polyglotte ; en effet, il ne s’agit pas seulement se s’adapter à la personnalité de chaque flûte, mais aussi de connaître plusieurs techniques. La flûte renaissance, la flûte baroque, les flûtes romantiques à clés, les flûtes Boehm à sol# ouvert ou fermés, sont autant de techniques de bases, de langues, qu’il faut maîtriser, avec l’ambition un peu folle de s’approcher le plus possible de l’excellence et d’oser tutoyer les grands virtuoses du passé. Mon parcours un peu atypique m’a permis cette familiarité : formé tout d’abord à la flûte moderne depuis l’âge de cinq ans (elle reste et restera toujours ma langue maternelle), j’ai découvert la musique ancienne très précocement ; pour des raisons pratiques, je suis entré dans le monde des instruments anciens par la flûte à bec (qui n’était donc pas mon premier mais mon second instrument), avant d’emprunter mon premier traverso ; j’ai donc mené mes études de flûte avec Alain Marion au CNSM de Paris tout en découvrant, dans une vie parallèle, les flûtes baroques, classiques et romantiques. Plus tard, mon expérience d’orchestre et soliste mêlant instruments historiques et moderne me permit d’entretenir cette souplesse. 

Ma collection, constituée au fil des années avec une passion grandissante, fut bien sûr un point de départ des Concerts de Pan. Aux deux extrêmes, la flûte renaissance si simple (un tube cylindrique percé de 6 trous et d’une embouchure) mais si ensorcelante, et ma fidèle flûte Parmenon, reflet du splendide renouveau de la facture française, et un chef d’œuvre d’artisanat. Entre les deux, des instruments couvrant toute l’histoire de la flûte entre 1550 et aujourd’hui. Avant 1800, la quasi-intégralité des instruments sont des copies, les originaux étant rares, chers, fragiles, et souvent la propriété de musées ou de grands collectionneurs. Après cette date, ce sont surtout des flûtes originales ; certaines me sont parvenu dans un état remarquable, d’autres ont du subir d’importants travaux de restauration. Les sommets de ma collection ? Une flûte Bellissent de 1830, 6 clés, d’une finesse de facture magnifique et qui est un peu ma pur-sang du système « ordinaire » (avant l’arrivée du système Boehm), juste et égale du ré grave au contre-ut ; Une Tulou « améliorée » dans un bois encore mystérieux mais somptueux, qui semble comme neuve ; une Godfroy conique, une des toutes premières flûtes Boehm françaises, dont l’embouchure est exceptionnelle ; et, tout nouvellement arrivée, une allemande en buis signée Meyer, et que je peux dater du tout début de la production de ce facteur (vers 1850 ?)… et déjà un coup de maître : le son est généreux, vibrant, avec un grave aussi puissant qu’une flûte moderne. 

Mais je n’enregistre pas qu’avec mes propres flûtes : un de mes grands plaisirs est aussi de pouvoir jouer des instruments exceptionnels prêtés par des collectionneurs. Au tout premier plan de ces collaborations, il en est une qui est toute spéciale, et que je dois qualifier d’amitié profonde : celle qui m’unit à Bernard Duplaix, le fameux spécialiste de Louis Lot. Il possède non seulement des flûtes magnifiques, mais de surcroit des flûtes pleines d’âme dont il connait l’histoire – et on ne se lasse pas de l’entendre en parler. Grâce à lui, j’ai pu connaître des émotions musicales intenses : jouer Syrinx sur la flûte de Joseph Rampal (puis de son fils Jean-Pierre au début de sa carrière) ; graver les études de Donjon sur… la propre flûte de Donjon ! enregistrer un rarissime prototype de flûte cylindrique, construit à 6 mains par Boehm, Lot et Godfroy ; ou encore, faire le premier enregistrement mondial d’une pièce inédite de Philippe Gaubert, dédiée à Adolphe Hennebains… sur la flûte d’Hennebains – autrement dit, personne ne connaissait plus cette pièce sauf la flûte, qui l’avait déjà jouée !

J’ai aussi pu emprunter des modèles de flûte que je n’avais pas à de sympathiques collègues – ici une flûte alto, là un modèle de flûte baroque (merci, Gionata Sgambaro et Marta Gawlas !). Mais aussi je m’honore de la confiance de collectionneurs comme Peter Spohr à Frankfurt ou le regretté Ulrich Halder à Bâle qui m’ont permis de faire revivre de superbes instruments originaux. 

A l’avenir, si le projet se poursuit, je souhaite amplifier ces collaborations : non seulement elles sont incroyablement enrichissantes, mais elles permettent aussi de faire entendre des instruments d’exception (qui, le plus souvent, dorment bien à l’abri dans une vitrine ou dans un étui).

LIEUX DE TOURNAGE

Une donnée extra-musicale, mais néanmoins importante… où enregistrer ? Il me semblait important de trouver un lieu approprié sur le plan acoustique, mais aussi agréable à voir. De fil en aiguille, j’ai imaginé multiplier les lieux de tournages, afin que les différents clips vidéo se diversifient aussi par l’environnement – et par là-même, par l’inspiration qu’ils suscitent. 

Pour le premier tournage, nous étions en Savoie (Alpes françaises) ; pour le second, j’ai tenu à mettre en valeur des lieux de Tourcoing et ses environs (Nord de la France), car c’est la région qui m’accueille en résidence avec mon orchestre les Ambassadeurs ~ La Grande Ecurie – et le siège de l’Atelier Lyrique de Tourcoing qui a soutenu et permis les 26 nouveaux épisodes ! 

J’ai donc fait résonner les flûtes dans un musée, dans un château, dans une église, dans la salle des fêtes d’une mairie, dans des usines abandonnées (ça, c’est toujours excitant !), et même… dans une piscine ! (en l’occurrence le musée de Roubaix, aménagé dans une splendide piscine de style Art Déco.)

Mon but est aussi que les épisodes des Concerts de Pan se suivent et ne se ressemblent pas.

DÉROULEMENT D’UN TOURNAGE

Pour chacune des deux sessions d’enregistrement, j’ai souhaité réaliser environ 25 épisodes en trois jours, 25 pièces sur plus de 20 flûtes différentes. Cela représente un rythme soutenu qui nécessite une très grosse préparation puisque je dois m’adapter en un temps éclair à une nouvelle flûte, un nouveau système de doigté, une intonation et une embouchure différente. Mais c’était indispensable pour rentabiliser les coûts importants de ces séances d’enregistrement.

Une fois toute la logistique des lieux de tournage organisée (NB, ne pas oublier de vérifier si l’usine abandonnée que nous investissons a encore de l’électricité !), je me rends sur place avec une valise pleine de flûtes, et Colin Laurent avec une voiture pleine de caméras, projecteurs, câbles, transformateurs, etc… 

Le plus difficile est de décider de l’organisation de l’enregistrement. Il faut soigneusement estimer l’ordre des pièces (pour un passage le plus fluide d’une flûte à l’autre), le temps imparti, les angles de vue et la luminosité. De manière générale je m’autorise trois prises (quatre pour les œuvres les plus délicates), dont chacune est filmée sous un angle différent. Plans larges ou rapprochés, vues de l’instrument, travellings, qui apporteront une diversité au montage. La journée est longue, surtout si nous comptons les temps d’installation et de démontage, puisque nous changeons de lieu tous les jours !

A l’issue des trois jours, nous prenons aussi un temps pour filmer les flûtes dans un environnement maîtrisé, afin de disposer de gros plans qui illustreront les explications en complément de l’œuvre.

Plus tard, à partir des bandes sons envoyées par Colin, je réalise un plan de montage que je complète avec l’enregistrement de ma présentation de l’instrument correspondant.  

UN FEUILLETON MUSICAL

Pour créer un rendez-vous régulier, j’ai souhaité étaler la diffusion des vidéos dans le temps ; pour le moment, deux pièces par mois, assez pour soutenir l’intérêt sans lasser. Je procède volontairement dans un certain désordre stylistique, afin que chaque parution soit une surprise ; rebondir d’une époque à l’autre, d’un style vers un autre opposé, un décor toujours différent, des flûtes qui se suivent et ne se ressemblent pas… bref, je procède façon puzzle : petit à petit, l’image prend forme, un panorama de l’Histoire de la flûte se reconstitue, et l’idée qu’on s’en fait devient de plus en plus nette.

Les vidéos sont diffusées sur YouTube, où l’on a un accès permanent à tous les clips, dans la meilleure qualité possible ; toutefois je le double d’une diffusion sur Facebook et Instagram ; ces supports sont plus éphémères, mais touchent un plus large public, surtout grâce au relai des groupes de flûtistes. 

ET LA SUITE ?

Après 53 épisodes explorant le répertoire pour flûte sur cinq siècles, se pose pour moi la question de continuer… C’est un peu comme courir le marathon, la détermination est primordiale, mais il suffit de se savoir encouragé et suivi pour trouver la force de poursuivre malgré la fatigue ; à vrai dire,  je suis assez loin d’être lassé : il y a tellement d’œuvres que je désire déchiffrer, partager, faire découvrir ; tellement de modes de jeu que je souhaite explorer ; tant de facettes de l’expression à décliner ; et enfin, tant d’instruments uniques que je rêve de faire revivre et de faire entendre à tous les mélomanes, à tous mes condisciples.

Arrêter maintenant, ce serait mettre un point final à une encyclopédie… après la lettre A.

Le nerf de la guerre, c’est l’argent ; c’est une chose bien connue. A défaut de mécène, je compte avant tout sur le financement participatif (crowdfunding) pour poursuivre et financer le prochain bouquet d’enregistrements. 

Si vous appréciez l’initiative de ce projet et souhaitez le soutenir, souscrivez à la chaîne YouTube, et surtout faites la connaître autour de vous, à vos collègues, à vos élèves ! Une campagne de financement se mettra en place dans les prochains mois et je serais heureux de vous compter comme contributeur de cette encyclopédie de la flûte !

TOUS LES ÉPISODES

(en gras, les épisodes disponibles – cliquer pour accéder à la vidéo)

# 1 : WALCKIERS, Rondo auvergnat (flûte Bellissent à 6 clés ca1830)

# 2 : TELEMANN, Fantaisie n° 10 en fa# mineur (flûte d’après Buffardin, ca1725)

# 3 : PIAZZOLA, Tango-Etude n° 6 (Flûte Métis de Parmenon)

# 4 : ANDERSEN, Etude op.21 n° 4 Schwedisches Volkslied (Flûte Schuster 13 clés, ca 1890)

# 5 : DONJON, Elégie-Etude (Flûte Louis Lot n° 2980 ex.Donjon, 1881)

# 6 : VAN EYCK, Doen Daphne d’over schoone maeght (Flûte à bec alto XVIIth century)

# 7 : DOWLAND & VAN EYCK, Pavane Lacryme (Flûte Renaissance alto, ca.1600)

# 8 : DEBUSSY, Syrinx (Flûte Louis Lot n° 2862 ex.Rampal, 1880)

# 9 : JS BACH, Partita BWV 1013, Allemande (Flûte Rippert, ca1710)

# 10 : KARG-ELERT, Caprice / Etude op.107 n° 21 (flûte Kohlert & Söhne ca1900)

# 11 : MERCADANTE & ROSSINI, Variations sur Mosè in Egitto (Flûte Grenser à 8 clés, ca 1800)

# 12 : VAN EYCK & GASTOLDI, Questa dolce sirena (flûte à bec soprano Van Eyck, ca1620)

# 13 : TELEMANN, Fantaisie n° 11 en sol majeur (Flûte Quantz à 2 clés, ca1745)

# 14 : GAUBERT, Philotis (Flûte Louis Lot n° 2358, ex Hennebains, 1877)

# 15 : WALCKIERS, Galop (Flûte Bellissent à 6 clés, ca1830)

# 16 : BERIO, Sequenza (Flûte Parmenon)

# 17 : FÜRSTENAU, Capriccio op.80 n° 3 (Flûte Liebel à 12 clés, ca1840)

# 18 : BLAVET, Gigue en rondeau (Piccolo baroque à 1 clé)

# 19 : HOTTETERRE, L’autre jour ma Cloris (Flûte Gaget à 1 clé, ca1725)

# 20 : WALCKIERS, Valses (Flûte Tulou améliorée, ca1850)

# 21 : DONJON, Le Chant du vent (Flûte Louis Lot n° 2980 ex.Donjon, 1881)

# 22 : TELEMANN, Fantaisie n° 6 en ré mineur (Flûte Eichentopf en ivoire à 1 clé, ca1730)

# 23 : KOECHLIN, Les Chants de Nectaire (Flûte Louis Lot n° 2862 ex.Rampal, 1880)

# 24 : VAN EYCK & CACCINI, Amarilli mia bella (Flûte renaissance ténor, ca.1600)

# 25 : ZIMMERMANN, Capriccio 44 (Flûte Palanca à 1 clé, ca1760)

# 26 : COCHE, Etude en fa# mineur (Flûte Godfroy Boehm conique n° 111, ca1840)

# 27 : JS BACH, Partita BWV 1013, Sarabande (Flûte Denner avec pied de do, ca1720)

# 28 : HINDEMITH, 8 Stücke (Flûte Schreiber ca1930)

# 29 : CPE BACH, Sonate Wq 132 2è mt (Flûte Quantz à 2 clé ca1740)

# 30 : ANDERSEN, Etude op.3 n° 15 (Flûte Meyer en buis à 9 clés 1855)

# 31 : IBERT ; Pièce pour flûte seule (Flûte Louis Lot n° 2862 ex.Rampal, 1880)

# 32 : BRAUN, Allemanda, Minuetto, Largo, Bizzaria (Flûte T.Lot à 1 clé, ca1740)

# 33 : TAKEMITSU, Air (Flûte Parmenon « alignée », 2020)

# 34 : DE LORENZO, Pan – Suite Mythologique (Flûte Rudall & Carte)

# 35 : WALCKIERS, Au clair de la lune (Flûte Bellissent à 6 clés, ca1830)

# 36 : JS BACH, Partita BWV 1013, Corrente (Flûte Denner à 1 clé, ca1725)

# 37 : JOLIVET, Ascèse n° 1 (Flûte alto Yamaha)

# 38 : DEMERSSEMAN – Etude mélodique op.4 n° 11 (Flûte prototype de Boehm, Lot et Godfroy, 1847)

# 39 : OSWALD, Scottish Tunes (Flûte Stanesby Jr ca1730)

# 40 : NICHOLSON, Roslin Castle (Flûte Clementi, Nicholson improved, ca1830)

# 41 : DE LORENZO, Marsyas – Suite Mythologique (Flûte Rudall & Carte, 1914)

# 42 : ANONYME, Suite 1709 (Flûte à bec Bressan, ca1710)

# 43 : BRICCIALDI, Solo op.31 (flûte Godfroy système Boehm n° 650, ca 1850)

# 44 : CPE BACH, Sonate Wq 132 1er mt (Flûte Quantz à 2 clé ca1740)

# 45 : HONEGGER, Danse de la chèvre (Flûte Louis n° 1332 ex.Blanquart, 1869)

# 46 : KUHLAU, Fantasia op.38 n° 3 (Flûte Grenser à 8 clés, ca1800)

# 47 : TELEMANN, Fantaisie n° 6 en ré majeur (Flûte Rippert, ca1710)

# 48 : PIAZZOLA, Tango-Etude n° 4 (Flûte Métis de Parmenon)

# 49 : ANDERSEN, Etude pastorale (Flûte Meyer à 13 clés, ca1880)

# 50 : VAN EYCK, Psalm 33 (Flûte à bec ténor Rafi, ca1530)

# 51 : HOTTETERRE, Dans ces déserts (air orné) – (Flûte Hotteterre à 1 clé, ca1700)

# 52 : J.STAMITZ, Rondeau (Flûte Delusse à 1 clé, ca1780)

# 53 : DE LORENZO, Apollo – Suite Mythologique (Flûte Rudall & Carte, 1914)


ALEXIS KOSSENKO

www.alexiskossenko.com | Les Ambassadeurs ~ La Grande Écurie | Les Concerts de Pan

Guidé par une curiosité et un enthousiasme sans limites, Alexis Kossenko mène un parcours atypique et d’une grande richesse. Il est aujourd’hui l’un des rares flûtistes à se produire sur toutes les formes historiques de son instrument – une expérience qu’il partage sur sa chaîne YouTube Les Concerts de Pan.

Né à Nice, disciple d’Alain Marion au CNSM de Paris, il a été 1er flûtiste et s’est produit en soliste avec de très nombreux orchestres de premier plan, sur instruments modernes ou anciens – comme la Chambre Philharmonique (E.Krivine), l’Orchestre des Champs-Elysées (Ph.Herreweghe).

Parmi ses CDs pour Alpha, Aparté ou Warner, accueillis par de multiples Diapasons d’Or, Editor’s Choice de Gramophone, Chocs de Classica, etc, mentionnons : les concertos de CPE Bach, Vivaldi, Telemann, Tartini, Haydn, Touchemoulin, Mozart, Nielsen, Reicha ; Les Quatuors parisiens de Telemann ; le Carnaval des animaux ; “Undine” (Reinecke, Andersen avec Vassilis Varvaresos) ; “Soir Païen” (Debussy, Ravel, Koechlin, Caplet, Ibert, Roussel) avec Anna Reinhold, Sabine Devieilhe et Emmanuel Olivier ; un coffret de 4 CDs dédié à Eugène Walckiers. 

Comme chef d’orchestre, invité ou à la tête des Ambassadeurs ~ La Grande Ecurie, il est considéré comme un spécialiste de Rameau, mais dirige aussi bien des opéras de Mozart que les symphonies de Brahms ou Mendelssohn (dont il enregistre l’œuvre symphonique pour Aparté).

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